Côte d’Ivoire  (Politique)  : « Pdci-Ppa-ci, une alliance sans issue » (Kouame Bezeme, sénateur)

« Ceux qui siègent au Sénat ivoirien »

Côte d’Ivoire  (Politique)  : « Pdci-Ppa-ci, une alliance sans issue » (Kouame Bezeme, sénateur)

Le sénateur ivoirien, Kouame Bezeme, ne donne « aucune base solide » à l’alliance Pdci, Parti démocratique de Côte d’Ivoire, et Ppa-ci, Parti des peuples africains Côte d’Ivoire. Il en donne les raisons et opine sur d’autres sujets de l’actualité politique ivoirienne, ci-après.  

 

Le 5e round du dialogue politique reprend jeudi 20 janvier prochain, après le lancement suivi d’un moment de latence. Quelles sont à votre avis, les propositions pouvant favoriser un déroulement créateur de succès ?

Lorsque qu’une personne vous dit, je dors, il devient inutile de la réveiller. Ce serait une véritable perte de temps. C’est ce qui se passe actuellement. Permettez-moi une digression. Le Président Alassane commence à véritablement fonctionner comme Houphouët-Boigny. En tant que fils d’opposant, je sais bien de choses.

Comment vous pouvez poser des préalables avant d’aller à un dialogue pour créer des conditions les conditions de la paix que tout le monde demande.  

Je n’ai jamais vu dans aucun pays, des gens qui tuent et qui se font passer ensuite pour des bourreaux.

 

N’y a-t-il pas aujourd’hui une véritable crise de confiance entre le pouvoir et l’opposition ?

Non, il n’y a aucune crise de confiance. Ce sont les opposants qui créent des problèmes, sinon l’Etat est ouvert. Nous sommes sur quelle planète ? Comment peut-on tuer et venir rire comme si rien ne s’était passé ? Après ce qui s’est passé, il est important de s’asseoir pour discuter sincèrement et trouver des solutions. Tout peut s’arranger, mais à condition qu’on se mette autour d’une table de discussions et qu’on reconnaisse ses erreurs.

Quand on dit que ça ne va pas en Côte d’Ivoire, je comprends difficilement cela. Je me suis promené dans le pays, je n’ai pas vu ce qui ne va pas. Les gens se parlent partout, rient ensemble, sans distinction. Ceux qui se connaissent se parlent, mais on ne peut pas faire de causette avec une personne qu’on ne connait pas.

 

Une enquête sur les violences d’octobre 2020, menée par le procureur de la République, a produit des résultats qui mettent en cause l’opposition ivoirienne. Des poursuites judiciaires pourraient être lancées contre des opposants. Croyez-vous que la justice fera totalement la lumière sur ces violences, pour en débusquer tous les vrais auteurs ?

Je ne suis pas juriste, donc je ne peux m’engager dans cette voie. Que les juristes fassent leur travail en leurs âme et conscience. Qu’ils fassent leur travail comme le procureur l’a dit et on avance. Mais quand on n’a pas vu la mort, on a certaines réactions. J’ai vu moi, la mort, j’ai vu des gens mourir, et ma tête était mise à prix. Mon nom était inscrit sur la liste des escadrons de la mort.

 

Dans son discours de nouvel an, le Président Alassane Ouattara a défini les grandes priorités de 2022, notamment la réduction de la pauvreté, l’accélération de la transformation de l’économie nationale…Quels commentaires en faites-vous ?

Je crois que le président de la République, Alassane Ouattara, est dans son rôle depuis son accession à la Magistrature suprême. Il a engagé une totale transformation de la vie en Côte d’Ivoire. Ce ne sera qu’une continuité. Les gens peuvent faire tous les commentaires qu’ils veulent en disant que tous ces projets existaient avant son arrivée à la tête du pays, mais ils doivent reconnaître que c’est lui qui a réalisé ces projets. Je le disais plus haut, j’ai fait le tour de la Côte d’Ivoire, ce que j’ai vu est extraordinaire, le Président Ouattara est vraiment l’ami du travail bien fait, et personne ne peut l’ignorer, nonobstant sa mauvaise foi. Tout le monde voit ce qui a été fait, tout le monde voit ce qu’il a réalisé. Ça crève les yeux…

Le temps d’Houphouët et celui de Ouattara sont similaires, ce sont les grands travaux, les grandes réalisations…Le Président Félix Houphouët-Boigny l’avait dit : "Ceux qui viendront après moi, feront mieux". Et nous voyons cela aujourd’hui dans tout le pays. Houphouët-Boigny avait une vision divine. Ce qu’il a dit s’est réalisé avec Alassane Ouattara.

Vous savez, il m’a fallu 3 heures pour passer le pont Henri Konan Bédié. C’est la preuve que le pays bouge et qu’il est totalement lancé sur la voie du développement vrai.

Ce que le Président a dit dans son        adresse du nouvel an, il le fera, mais dans le calme.

 

Comment percevez-vous l’alliance Pdci-Ppa-ci ?

C’est de la pure comédie. Je connais mon ancien Président, Henri Konan Bédié. Il n’acceptera jamais de vendre le Pdci.

Bédié n’acceptera jamais d’être le vice-président de Gbagbo, et j’en dis la même chose pour Gbagbo. Vous comprenez que ces deux hommes sont dans un jeu de dupes.

 

Et la limitation d’âge qui pourrait figurer dans la Constitution ?

Je prends mon cas, j’ai 75 ans, il m’arrive à cet âge de prononcer difficilement certains mots, parce que j’ai des trous de mémoire.

A cet âge, il faut tout simplement continuer à vivre tranquillement que de chercher à être président de la République. Il faut penser à laisser la place aux jeunes.

Je suis absolument pour la limitation d’âge. Je pense que le Président Alassane Ouattara pense à laisser la place aux plus jeunes. Il y a beaucoup de jeunes compétents au Rhdp (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix, ndlr), mais il faut un jeune vraiment apte pour la conduite des affaires de l’Etat.

 

Comment le Sénat contribue-t-il à son niveau, au développement du pays en soutenant régulièrement les actions du chef de l’Etat et du gouvernement ?

Le Sénat joue pleinement son rôle. Au départ, on a pensé que c’était pour récompenser des amis, mais c’est tout à fait le contraire. Le Président Alassane Ouattara a sélectionné des têtes pensantes pour y siéger. Le Sénat est composé d’industriels, de juristes, d’opérateurs économiques, de sociologues, de scientifiques, de diplomates, de professeurs, etc.

Les ministres qui échangent avec les sénateurs réalisent la grande compétence de cette institution. C’est le travail, et le Sénat est venu rectifier certaines choses dans le pays. Venez écouter les sénateurs, vous serez édifiés. Le ministre du Budget et du portefeuille de l’Etat, Moussa Sanogo, grand bosseur de l’Etat, a apprécié le travail des sénateurs.

Réalisation, Riche Ouattara