Côte d’Ivoire (Enquêtes financières) / Des acteurs du système pénal développent leurs compétences

Côte d’Ivoire (Enquêtes financières) / Des acteurs du système pénal développent leurs compétences
Des participants à l'atelier sur les investigations financières à Abidjan. (ph : dr)

Des acteurs du système pénal, notamment des magistrats ainsi que des officiers des unités spécialisées de la police et de la gendarmerie, prennent part à un atelier national portant sur les investigations financières, la récupération des avoirs criminels et la lutte contre la corruption, afin de développer leurs compétences dans la conduite des enquêtes relatives aux crimes financiers.

Initiée par le Centre d’INTERPOL de lutte contre la corruption et la criminalité financière (IFCACC), en collaboration avec le Pôle pénal économique et financier (PPEF) et la GIZ, cette session de formation ouvert du 8 au 12 juin 2026 s’inscrit dans le cadre du projet « Bonne gouvernance pour davantage de redevabilité, d’intégrité et de transparence en Côte d’Ivoire (Bonne Gouvernance II) », financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ).

Pour le représentant du Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, le directeur de cabinet, Bernard Kouassi, ces travaux traduisent les efforts déployés par la Côte d’Ivoire dans la lutte contre la criminalité financière. Ils manifestent aussi la volonté politique des autorités de faire du pays un espace « hostile aux capitaux illicites ».

Il a signifié que cette formation permettra aux magistrats du PPEF, aux officiers des unités spécialisées de la police et de la gendarmerie, aux responsables de l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs criminels ainsi qu’aux officiers du Bureau central national d’INTERPOL à Abidjan d’approfondir leurs connaissances en matière d’enquêtes financières.

Les participants seront notamment formés aux techniques de traçage patrimonial, à l’identification des bénéficiaires effectifs, au démantèlement des sociétés écrans, aux investigations sur les actifs numériques ainsi qu’à la lutte contre le blanchiment d’argent fondé sur le commerce. La corruption dans les marchés publics et dans le sport figurera également parmi les thématiques abordées.

Quant au représentant de la cheffe du Bureau régional d’INTERPOL à Abidjan, Daoud Traoré, a encouragé les participants à tirer pleinement profit de cet espace d’échanges afin de poser des questions, partager leurs expériences et développer un réseau de professionnels engagés dans la lutte contre les crimes financiers.

« C’est dans l’unité de nos méthodes et la fluidité de notre communication que nous pourrons lutter efficacement contre les réseaux criminels », a-t-il souligné.

Le projet « Bonne gouvernance pour davantage de redevabilité, d’intégrité et de transparence en Côte d’Ivoire (Bonne Gouvernance II) » repose sur plusieurs actions, notamment l’organisation de formations avancées consacrées à la conduite des enquêtes financières, à l’exploitation du renseignement financier et au recouvrement des avoirs criminels.

Il prévoit également une session de formation de formateurs destinée à renforcer durablement les capacités nationales, ainsi que des activités d’accompagnement et de mentorat au profit des services spécialisés dans les enquêtes financières complexes.

Le projet comprend en outre l’élaboration de cas pratiques de criminalité financière, ainsi que le développement de manuels, de guides pratiques et de directives opérationnelles visant à harmoniser les méthodes de travail des différents acteurs de la chaîne pénale.

 

ALK'B

Des participants à l'atelier sur les investigations financières à Abidjan. (ph : dr)