Côte d’Ivoire (Environnement) / Le gouvernement lance la traque des industriels pollueurs

Côte d’Ivoire (Environnement) / Le gouvernement lance la traque des industriels pollueurs
Le Prof. Ossey Yapo, directeur du Ciapol. (ph : dr)
Côte d’Ivoire (Environnement) / Le gouvernement lance la traque des industriels pollueurs

Le gouvernement ivoirien met le pied à l’étrier pour garantir un environnement sain aux populations.  Et dans le cadre de la mise en œuvre de la politique nationale de protection de l'environnement et du renforcement de la gestion durable des déchets, le Centre ivoirien antipollution (Ciapol), structure spécialisée dans ce domaine, passe ainsi à la vitesse supérieure.

La rencontre de concertation tenue jeudi 13 août 2026 à la Sous-direction de l'Inspection des installations classées (Sdiic), à Abidjan-Cocody Riviera-Palmeraie, en exprime toute la substance. Conduite par le Professeur Bernard Ossey Yapo, directeur du Ciapol, cette réunion ayant réuni la quasi-totalité des forces vives du secteur dont 12 entreprises sur 13 invitées ont répondu à l’appel, notifiait un double objectif : entendre les opérateurs sur leurs difficultés quotidiennes et recueillir leurs attentes vis-à-vis du ministère en charge de l’Environnement et du Ciapol. 

Bernard Ossey Yapo, réaffirmant la volonté ferme de l'État d'assainir un milieu stratégique pour l'avenir écologique du pays, a invité les acteurs à s’approprier urgemment le concept d’économie circulaire, en transformant les déchets collectés en matières premières réutilisables. À long terme, selon lui, l'ambition affichée reste noble, celle de faire monter en compétences les structures locales afin d'exporter l'expertise des entreprises ivoiriennes à l'international.

Cependant, cette projection vers l'avenir exige une rigueur immédiate et absolue sur le plan réglementaire. Les contrôles sur le terrain débutent sous peu. Le message de la direction est limpide : l'heure est à la mise en conformité sous peine de sanctions sévères. Désormais, la réalisation d’une Étude d’impact environnemental et social (Eies) constitue la condition sine qua non avant toute implantation ou activité.

Pour joindre l'acte à la parole, le directeur du Ciapol a annoncé une série de visites de terrain dans les prochains jours. Ces inspections inopinées viseront à contrôler la légalité des installations, la conformité des processus de traitement, ainsi que les moyens techniques mis en œuvre par chaque structure. 

Les opérateurs économiques ont salué l'initiative, qui leur a permis d'extérioriser leurs vives inquiétudes face aux menaces de fermeture et, surtout, face à la concurrence déloyale exercée par des acteurs clandestins non conformes. Pour structurer durablement la filière, deux recommandations majeures ont été formulées d'un commun accord : la création d'un cadre d'échange direct entre l'État et le secteur privé, sous l'arbitrage du Ciapol et la mise en place rapide d'une organisation faîtière des professionnels du secteur pour mieux auto-réguler et assainir le milieu. 

Le Ciapol rappelle que des déchets mal traités représentent un danger mortel et immédiat pour la santé des populations. Vingt ans après le traumatisme national lié au déversement des déchets toxiques en Côte d'Ivoire, la vigilance reste maximale. À travers le Service de gestion des déchets industriels, piloté par Kouakou Kouamé Magui Serge, inspecteur des Installations classées, le Ciapol promet un suivi strict et sans concession. La campagne de visites sur le terrain qui s'ouvre s'annonce donc cruciale.

Riche O.